Share
There are no translations available.

Dolce vita automnale en Italie

 

Par Muriel Azarian

 

L’arrière-saison est toujours l’occasion de visiter ou revisiter les contrées prises d’assaut par les vacanciers en été. Le sud de l’Europe en est la parfaite illustration. Si, comme la France, l’Italie demeure un pays à découvrir en toutes saisons, l’automne est aucun doute un moment privilégié pour admirer la sublime lumière qui habille les paysages, mais aussi pour visiter les sites plus tranquillement, échanger avec la population ou encore profiter d’hébergements plus abordables, que ce soit dans les petits hôtels de charme si typiques qui ont fait la réputation du pays, ou pourquoi pas chez l’habitant dans de magnifiques demeures d’hôtes où vous pourrez vous immerger dans la vie quotidienne des italiens. Petite escapade en 5 étapes à la découverte des plus belles régions d’Italie.

 

 

Etape n°1 : Les Grands Lacs

 

Au nord de l'Italie, à la frontière du Piémont et de la Lombardie, le lac Majeur est un lieu de villégiature exceptionnel, avec sa végétation exotique favorisée par la douceur du climat. On le découvre idéalement en bateau, avec en son centre les îles Borromées : Isola Bella, perle du lac avec son palais baroque construit par Charles III au XVIIème siècle et ses jardins en terrasse érigés de statues, Isola dei Pescatori et ses petites maisons de pêcheurs aux filets tendus, Isola Madre et ses jardins botaniques aux essences rares… « Plus beau site du monde » pour Stendhal, le lac de Côme, déploie quant à lui ses plus beaux atouts entre Tremezzo et Bellagio, en passant par la vieille ville de Côme. Partout, des palais et villas qui rivalisent d’élégance, telle la Villa Serbelloni, célèbre palace Belle Epoque fréquenté autrefois par Sissi ou la Villa d’Este, palais du XVIème siècle posé à Cernobbio. Malgré sa petite taille, le lac d’Iseo mérite lui aussi le détour, notamment pour son île Monte Isola couronnée par le sanctuaire de la Madonna della Ceriola. Plus grand des lacs, le lac de Garde reste le plus spectaculaire, tantôt montagnard, tantôt méridional. Les baigneurs y profitent d'une belle eau claire et les windsurfeurs de ses vents forts. Sur les rives, paysages romantiques alternent avec étapes historiques : le village de Sirmione et son château des Scalieri ou les grottes de Catulle, Gardone Riviera et son étonnante Vittoriale, demeure du poète Gabriele d'Annunzio… Au nord, ses rives se percent d’impressionnantes « marmites de géants » creusées par l’érosion glaciaire.

 

 300px-riva_del_garda

 

Etape n°2 : Rome l’Eternelle

« Tous les chemins mènent à Rome », dit-on. Et en effet, impossible de faire l’impasse sur la capitale italienne, véritable musée à ciel ouvert. Vestiges antiques, édifices médiévaux, palais Renaissance, églises baroques… Une ballade dans Rome traverse plus de dix siècles d’histoire, de la fondation de la ville à la gloire de l’Empire. La Rome Antique se visite au petit matin, du Colisée, plus grand amphithéâtre du monde, aux musées capitolins, en passant par le forum romain, le Mont Palatin, le Palais de Tibère, la Maison d’Auguste et les Jardins Farnèse... La Rome chrétienne se perçoit le mieux du Panthéon, celle de la Renaissance dans les musées du Vatican ou, de l’autre côté du Tibre, dans les galeries de la Villa Borghèse. Si la « ville éternelle » a gardé comme nulle autre les empreintes du passé, elle n’a pour autant rien d’une ville fantôme. Place Navona, Place du Peuple, Place d’Espagne… C’est en flânant de l’une à l’autre qu’on prend toute la mesure de la Rome d’aujourd’hui. « Cette ville est un musée où on boit, mange, fume, rêvasse, fait la sieste, où on accoste les femmes », écrivait Julien Gracq dans Autour des Sept Collines. Une ville magique où, Quartier du Trident, il faut céder à son tour à la tradition en lançant deux pièces par-dessus l’épaule dans la fontaine de Trevi. L’une pour réaliser un vœu personnel, l’autre pour être sûr de pouvoir revenir un jour à Rome…

 

 rome - place st pierre vue du ciel

 

Etape n°3 : La Côte Amalfitaine

A 60 km au sud de Naples, entre Sorrente et Salerne, la Côte Amalfitaine déploie ses beautés le long de la Méditerranée, entre vignobles et vergers en terrasse, oliviers et bougainvilliers, orangers et citronniers… Rudolph Noureïev y possédait une île ; Jackie Kennedy y passait ses vacances avec ses enfants ; Wagner, Gide, Turner, Cocteau ou Miro appréciaient tout particulièrement ses paysages. Classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité, la Côte Amalfitaine a de tout temps inspiré les artistes. Première étape à Amalfi, qui a donné son nom à la côte. Blottie au creux des falaises, au pied du Monte Cerreto (1 315 m), la plus ancienne république d’Italie fondée en 840 s’est très vite imposée comme une puissance maritime grâce à son commerce de céréales, de sel et d’esclaves avec l’Orient et plus particulièrement Constantinople. Premier code maritime, les Tables Amalfitaines servirent à régler la navigation dans tout le bassin méditerranéen jusqu'en 1570. Ancienne bourgade de marins aux petites maisons blanches et cubiques d’allure mauresque, Positano aurait quant à elle été fondée par le dieu Neptune en personne... Perchée à flanc de colline sur les roches raides du Monte Comune, elle est, pour le peintre Paul Klee, « le seul endroit au monde conçu selon l’axe vertical et non horizontal ». Au bout d’une route en lacets, entre collines escarpées et terrasses de citronniers, Ravello égrène ses jardins extraordinaires et ses architectures qui mêlent ogives médiévales, mosaïques et influences islamiques. Un lieu hors du temps où souffle l’inspiration, « plus proche du ciel que du bord de mer » selon Gide. En été, le festival de Ravello prend place dans les jardins de la Villa Rufolo, palais du XIIIème siècle aux courbes mauresques qui a inspiré à Wagner le deuxième acte de sa pièce Parsifal.

 

 cote amalfitaine - positano

 

Etape n°4 : Dolce Vita en Toscane

Avec ses douces collines ponctuées de cyprès, d’oliviers et de vignobles, la Toscane côté campagne a tout d’un tableau idéal où l’artiste aurait posé ça et là quelques villes et villages de charme : San Gimignano et ses murailles moyenâgeuses, Montalcino et son abbaye romane… On y déguste le chianti dont les vignes courent partout sur les collines. Les villes toscanes rivalisent quant à elles d’élégance. A Florence, on admire ici le Ponte Vecchio, là-bas la place de la Seigneurie et le Palais Vecchio, plus loin le Duomo et sa célèbre coupole signé Brunelleschi, son Campanile construit par Giotto et son baptistère aux portes sculptées par Ghiberti. Sur le Ponte Vecchio, les bijoutiers ont remplacé les anciennes boutiques de tanneurs... Joyaux d'architecture médiévale, Sienne s’ordonne autour de la place du Campo, prise d’assaut chaque été par les courses de chevaux entre quartiers. A Pise, les visiteurs se pressent, comme fascinés, autour de la célèbre tour penchée… Malgré ses longues plages de sable bordées de pinèdes odorantes, la majesté des Alpes Apuanes où la nature dissimule de grandes carrières de marbre (Carrare…) et des sites architecturaux et historiques importants, la Versilia (ou Riviera italienne) est une région de Toscane encore peu connue. Elle fut, dès le début du XIXème siècle, patrie et lieu de rencontre de grands artistes comme Lorenzo Viani ou Galileo Chini. Plus sauvage encore, la Maremma, à l’extrême sud, qui s’étale le long de la côte tyrrhénienne. Derrière une plaine côtière jadis marécageuse alternent collines et villages somnolant entre leurs murailles médiévales. On y fête encore les « butteri », les cow-boys de la Toscane, à coup de spectacles équestres et rodéos !

 

 toscane - florence - duomo et campanile

 

Etape n°5 : Les Iles Eoliennes, petits joyaux en Méditerranée

Eparpillées au nord-est de la Sicile, les Iles Eoliennes forment un archipel volcanique inscrit au Patrimoine de l’Humanité. Sur 17 îles et îlots au total, 7 seulement sont habitées et 2 comportent encore un volcan en activité (Vulcano et Stromboli) ! Selon la mythologie grecque, Eole se mit à l’abri dans ces îles et leur donna son nom, en hommage à sa renommée de dompteur des Vents. Habitant Lipari, il réussissait en effet à prévoir le temps en observant la forme des nuages... Si elles offrent aujourd’hui encore un champ fécond d'étude pour la volcanologie, les îles Eoliennes raviront surtout les amateurs de petits ports blancs, de criques émeraude et de nature sauvage. On les visite idéalement en bateau (il n’existe pas d’aéroport sur les îles Eoliennes). La plus célèbre reste Stromboli avec ses paysages lunaires où la blancheur des maisons contraste avec la noirceur du sable et des rochers. Vulcano, elle, doit sa notoriété à ses sources d’eau et de boues chaudes. Capitale des Eoliennes, Lipari possède un important musée archéologique. Plus sauvages, Filicudi et Alicudi ne comptent pas plus d’une centaine d’habitants. Salina, enfin, la deuxième plus grande des Eoliennes après Lipari (27 km2 à peine), est aussi la plus vierge et la moins touristique. Du haut du Monte Fossa del Felci, on profite alors d’une vue extraordinaire sur l’ensemble des 7 îles.

 iles eoliennes2

Plus d’informations : Office national Italien du Tourisme, 23, rue de la Paix, 75002 Paris. Tél. : 01 42 66 66 68, www.enit-france.com. 

 

Add comment


Security code
Refresh

 
Banner
Banner
 

Bookshop

Banner